Plus de 3 000 communes rurales françaises sont aujourd’hui labellisées Villages d’Avenir, des dizaines d’autres lancent régulièrement des appels via TF1 SOS Villages ou la presse locale. Face à la désertification rurale et à l’exode urbain croissant, des villages cherchent activement à attirer de nouveaux habitants. Pour les candidats à une installation au vert, le nombre de dispositifs et d’annonces disponibles en 2026 n’a jamais été aussi élevé. Ce guide fait le tour des plateformes de référence, des programmes nationaux, des aides fiscales et des exemples de villages français en quête d’habitants.
📌 L’essentiel à retenir
- La plateforme TF1 SOS Villages reste le premier réflexe quand un village cherche un habitant ou un repreneur de commerce.
- Le programme Villages d’Avenir accompagne plus de 3 060 communes rurales depuis 2024 : un label à repérer pour identifier les villages qui recherchent des habitants.
- Les anciennes ZRR ont été remplacées par les ZFRR au 1er juillet 2024, avec des exonérations fiscales pour les créateurs et repreneurs d’entreprise jusqu’en 2029.
- Croiser les plateformes, vérifier les labels de la commune (Villages d’Avenir, ZFRR si vous créez une activité) et se déplacer sur place avant toute décision : les trois réflexes du candidat à l’installation rurale.
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TF1 SOS Villages : la plateforme nationale d’annonces
C’est souvent la première recherche des candidats à l’installation rurale. SOS Villages est une opération solidaire du journal de 13h de TF1 qui met en relation des communes ou commerçants en difficulté avec des repreneurs potentiels. Le principe est simple : une commune ou un commerçant dépose gratuitement une annonce sur sosvillages.tf1info.fr. L’annonce est ensuite consultable en ligne et peut faire l’objet d’un reportage télévisé.

Les annonces couvrent un large éventail de besoins : épiceries, boulangeries, restaurants, cabinets médicaux, ateliers artisanaux. Depuis le lancement de l’opération, plusieurs centaines de commerces ruraux ont trouvé preneur grâce à ce dispositif. Parmi les cas emblématiques, Boëssé-le-Sec dans la Sarthe a vu son unique commerce, Le Central, repris en 2023 après un appel sur la plateforme. Brennilis, dans le Finistère, a également bénéficié de cette mise en lumière pour attirer de nouveaux exploitants.
Si vous envisagez de vous installer en zone rurale, consulter régulièrement cette plateforme est un bon point de départ. Un point à garder en tête : les annonces SOS Villages concernent des reprises de commerces ou d’activités, pas des offres de logement. Si vous cherchez simplement un endroit où vivre sans créer d’entreprise, les programmes et plateformes cités plus loin dans ce guide seront plus adaptés.
Demain.fr, 1000 Cafés et les autres plateformes
TF1 SOS Villages n’est pas le seul canal. Plusieurs autres plateformes recensent les annonces en milieu rural.
Demain.fr, dans sa catégorie « SOS Campagne », fonctionne sur un modèle comparable : des communes y publient des annonces pour trouver des médecins, restaurateurs, exploitants agricoles ou repreneurs de commerce.
1000 Cafés, porté par le Groupe SOS, aide à reprendre ou créer un café multiservices dans les communes de moins de 3 500 habitants. Pour les candidats qui veulent un projet clé en main, l’avantage est concret : le Groupe SOS accompagne le porteur de projet, depuis la formation jusqu’à l’ouverture. Plus d’une centaine de cafés sont ouverts ou en projet. Les annonces sont consultables sur 1000cafes.org.
D’autres sources à consulter : Place des Commerces, les rubriques initiatives de France Bleu, ou les sites des communautés de communes.
Villages d’Avenir : repérer les communes qui cherchent des habitants
Consulter les plateformes d’annonces est un premier pas. Mais quand un village cherche des habitants, comment savoir s’il a réellement structuré sa démarche d’accueil ? Plusieurs programmes nationaux permettent de les repérer.
Villages d’Avenir est le principal d’entre eux. Lancé début 2024 par l’ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires) dans le cadre du plan France Ruralités, il vise à lutter contre la désertification rurale et à accompagner le repeuplement des petites communes.

Au printemps 2026, le programme compte 3 060 communes lauréates et 5 064 projets lancés depuis 2024, selon le bilan publié par le Cerema (centre d’expertise de l’État en aménagement du territoire). Le programme cible les communes rurales de moins de 3 500 habitants et finance des projets concrets : services de proximité, réhabilitation de bâtiments, réaménagement de centres-bourgs, développement de commerces. 120 chefs de projet (100 mis à disposition par l’État, 20 par le Cerema) sont répartis dans 95 départements pour accompagner les communes au quotidien.
Si vous cherchez où vous installer, une commune labellisée Villages d’Avenir est un repère utile. Être labellisée signifie concrètement que la commune travaille à attirer de nouveaux habitants. Elle dispose souvent de logements en cours de rénovation, de locaux commerciaux à attribuer, et d’un interlocuteur dédié en préfecture. La liste des communes est consultable sur le site de l’ANCT.
Petites Villes de Demain et Action Cœur de Ville
Deux autres programmes complètent le panorama. Petites Villes de Demain, également piloté par l’ANCT, concerne les communes de moins de 20 000 habitants qui jouent un rôle de pôle local (commerces, services, emploi) pour leur bassin de vie. Environ 1 600 communes sont labellisées. Initialement prévu sur la période 2020-2026, le programme a été prolongé au-delà de cette échéance. Action Cœur de Ville cible les villes moyennes (234 villes engagées). Ces deux programmes financent la revitalisation commerciale et l’habitat.
Dans les deux cas, une commune labellisée a déjà structuré un projet de revitalisation, ce qui facilite les démarches d’installation.
Les ZFRR : nouvelles aides fiscales depuis juillet 2024
Les labels précédents aident à repérer les communes engagées. L’autre question à se poser est financière : quels avantages pouvez-vous obtenir si vous créez ou reprenez une activité sur place ?
Changement majeur à connaître : les anciennes ZRR (Zones de Revitalisation Rurale) ont été remplacées par les ZFRR (Zones France Ruralités Revitalisation) le 1er juillet 2024. La fenêtre pour en bénéficier court jusqu’au 31 décembre 2029 : c’est la date limite pour créer ou reprendre une entreprise éligible, mais l’exonération elle-même s’étend sur 8 ans à compter de la création.
Le zonage ZFRR comporte deux niveaux : le niveau « classique » et le niveau ZFRR+ pour les territoires les plus fragiles. Plus de 17 700 communes de métropole et d’outre-mer sont concernées.
Les avantages pour les créateurs et repreneurs d’entreprise en ZFRR :
- Exonération d’impôt sur les bénéfices pendant 5 ans à 100 %, puis dégressive sur 3 ans (75 %, 50 %, 25 %).
- Exonération possible de Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et de Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties (TFPB), sur décision des collectivités locales.
- Allègement de cotisations patronales pendant 12 mois pour l’embauche du 1er au 50e salarié.
Conditions principales : siège social, activité et moyens d’exploitation implantés en ZFRR. Pour les activités exercées depuis un lieu fixe (commerce, cabinet, atelier), le chiffre d’affaires réalisé hors zone ne doit pas dépasser 25 % du total. Ce dispositif n’est pas cumulable avec d’autres exonérations zonées : si vous êtes éligible à plusieurs régimes, vous devez faire un choix définitif dans les six mois suivant le début d’activité.
Pour vérifier si une commune est classée en ZFRR ou ZFRR+, un simulateur est disponible sur entreprendre.service-public.gouv.fr.
Programmes régionaux d’accueil : Lozère, Gers et autres départements
Au-delà des programmes nationaux, plusieurs départements ont mis en place leurs propres dispositifs d’accueil.
Lozère Nouvelle Vie est porté conjointement par le Département de la Lozère, la chambre de commerce (CCI) et la chambre d’agriculture. Le programme accompagne les porteurs de projets de la recherche de logement au montage de projet.
Soho Solo Gers cible les actifs en télétravail ou indépendants. Plus de 200 personnes ont rejoint le réseau depuis sa création, signe que l’exode urbain ne concerne pas uniquement les familles ou les retraités.
D’autres dispositifs régionaux existent : Bienvenue en Bretagne, Limousin Pays d’Accueil, programmes d’attractivité du Cantal et de l’Auvergne. Les contacter directement reste le meilleur moyen d’obtenir des informations à jour.

Villages qui cherchent des habitants : exemples en 2025-2026
Ces programmes et dispositifs se traduisent concrètement sur le terrain. Les villages qui cherchent des habitants en proposant des offres d’installation se comptent désormais par dizaines. Quelques cas récents illustrent la diversité des situations.
Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales) ne compte plus qu’environ 215 habitants, contre près de 700 dans les années 1960, malgré 800 000 visiteurs annuels. La mairie a entrepris de contacter tous les propriétaires de logements vides pour les remettre sur le marché locatif.
Bourbriac (Côtes-d’Armor) a perdu 200 résidents en six ans et lancé un plan d’attractivité complet, relayé par un reportage TF1 début 2025.
Billy (Allier), petite cité de caractère touristique près de Vichy, fait partie des communes rurales qui publient régulièrement des annonces pour attirer commerçants et artisans.
Dans le Var, plusieurs communes ont publié des annonces en 2025 pour recruter des restaurateurs, un besoin récurrent dans les villages touristiques du sud-est.
Saint-Sever (Aveyron), cité par Village Magazine, a reçu 80 demandes pour une seule maison disponible. C’est un point que les candidats sous-estiment souvent : dans les communes les plus recherchées, le premier obstacle n’est pas le manque de volonté de la mairie, mais le manque de biens disponibles.
Comment s’installer dans un village rural en 2026
S’installer dans un village ne s’improvise pas. Voici les étapes à suivre pour structurer votre projet.
Commencez par définir votre situation : télétravail salarié, reconversion, reprise de commerce, retraite active ? Le type de projet conditionne les dispositifs à activer et les aides accessibles.
Consultez régulièrement les plateformes d’annonces : TF1 SOS Villages, Demain.fr, 1000 Cafés. Que vous visiez un village ou une petite ville qui recherche des habitants, identifiez les régions compatibles avec votre projet en tenant compte du climat, du prix de l’immobilier et des dispositifs régionaux en place.
Vérifiez les labels et statuts des communes qui vous intéressent. Quand un village cherche des habitants, il est souvent labellisé : une commune classée en ZFRR ouvre droit à des avantages fiscaux si vous créez une activité. Une commune labellisée Villages d’Avenir ou Petites Villes de Demain est engagée dans une dynamique de revitalisation. Pensez aussi aux programmes régionaux d’accueil (Lozère Nouvelle Vie, Soho Solo Gers et équivalents dans d’autres départements).

Prenez contact directement avec les mairies. Les élus locaux connaissent les opportunités non publiées : logements vacants, locaux commerciaux disponibles, besoins en services de santé, projets associatifs en recherche de bénévoles. Certains lecteurs m’ont confié avoir trouvé leur futur logement par un simple appel au secrétariat de mairie, alors que rien n’était publié en ligne.
Côté aides, des communes proposent aussi des dispositifs indépendants de la ZFRR : terrains ou logements à prix réduit, primes pour les familles avec enfants. Ces dispositifs locaux ne sont pas centralisés, la mairie reste le seul guichet.
Déplacez-vous sur place. Passer un week-end dans le village permet de voir comment il vit au quotidien, de rencontrer les habitants et de vérifier que le cadre de vie correspond à vos attentes.
Une fois installé, engagez-vous dans la vie locale. Rejoindre une association, fréquenter les commerces de proximité, participer aux événements du village : c’est la clé d’une intégration réussie.
Les dispositifs pour s’installer dans un village français qui cherche de nouveaux habitants n’ont jamais été aussi nombreux, et le repeuplement des campagnes s’accélère. Reste à passer de l’information à l’action : croiser les sources et se rendre sur place avant toute décision.
Questions fréquentes
Spécialiste de l'immobilier résidentiel, de l'épargne et du droit notarial, Clément décrypte les sujets patrimoniaux avec rigueur et pédagogie. Toutes les données publiées sont vérifiées auprès de sources officielles (Légifrance, Service-public.fr, Banque de France).
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